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Jake Gyllenhaal : acteur inclassable

L’originalité de Jake Gyllenhaal est d’avoir su, avec une constance presque machiavélique, alterner projets intimistes et grosses machines commerciales. Et cela depuis son plus jeune âge. Après des études à l’Université de Columbia, il se lance de front dans une carrière qui, après le très joli et familial Ciel d’octobre de Joe Johnston (Captain America : First Avenger) en 1999, prend une tournure plus inquiétante, en ado schizophrène à l’existence virant au cauchemar de Donnie Darko, deux ans plus tard. « Ce film, concède-t-il, a fait un bide total, s’est fait éreinter par la critique, et c’est pourtant l’un de ceux dont on me parle le plus aujourd’hui.» La décennie 2000 est celle d’une éclatante ascension. Il trace son chemin dans le blockbuster apocalyptique Le Jour d’après de Roland Emmerich en 2004, campe le traqueur improvisé d’un tueur en série dans le puissant Zodiac de David Fincher en 2007 ou joue encore,en 2010, du cimeterre dans Prince of Persia : Les Sables du temps,très fructueuse adaptation d’un jeu vidéo à succès. « Ce qui compte, c’est de s’adapter et de faire ce qu’on attend de vous», résume-t-il,humblement. Mais pour le comédien, l’apothéose a lieu en 2005, pierre angulaire d’une filmographie déjà riche par sa diversité, avec Le Secret de Brokeback Mountain signé Ang Lee ; histoire d’amour homosexuelle entre deux cow-boys qui lui vaut plusieurs prix et une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second-rôle. « Sur le coup, j’avais trouvé cela un peu prématuré, se souvient-il. Mais j’étais aux anges. Et cela a été plus que bénéfique pour la suite de ma carrière. » Du boxeur écorché vif de La rage au ventre à l’écrivain mystérieux de Nocturnal Animals en passant par le détective torturé de Prisoners… Jake Gyllenhaal nous surprend toujours un peu plus avec des rôles hétéroclites qui lui vont à merveille.

Texte : Jean Pascal Grosso – Photos : DR