Recevez la newsletter

NUMÉRO EN KIOSQUE

Frenchie Pigalle, l’assiette rassembleuse

Destination des gourmets en quête de menus abordables et créatifs, Frenchie Pigalle rayonne de son aura foodie. Derrière cette adresse branchée et décontractée, le chef étoilé Grégory Marchand régale ses fidèles. EDGAR a fait l’expérience de cet électron libre et raconte !

Sise au 29, rue Victor Massé, cette adresse, connue pour ses plats « small » à déguster en bande attire régulièrement les passionnés de design et de décoration qui aiment de manière irrépressible jeter un œil curieux sur l’atmosphère romantique se dégageant au niveau du comptoir et portant la signature lumineuse de Dorothée Meilichzon. Ici, les touches de laiton et de marbre vert croisent la douceur du chêne brut et l’élégance de la fresque en céramique de la talentueuse Marion Graux. A notre arrivée, nous sommes accueillis en beauté par les deux chefs de rang Xavier (ex de chez Pinxo aux Tuileries) et Aïssatou ayant travaillé à La Fantaisie dans le 9ème arrondissement. Nous avons hâte de découvrir le répertoire culinaire de ce chef inspiré qui s’est fait un nom avec son premier restaurant rue du Nil et passionné de street food collectionnant les succès. Sa « confort food à la française » spontanée fait recette dans cette joyeuse ambiance de cantine.

Grégory Marchand a son fan club. Ce chef formé au coté du drand Alain Ducasse, a fait armes chez Jamie Oliver à Londres, à New York, avant d’ouvrir l’étoilé Frenchie et le restaurant concept FTG en mode « fast good ». Ici, au sein de ce repère pour épicuriens, ouvert du lundi au dimanche, la ligne directrice est la suivante : une cuisine métissée avant tout mondialisée aux accents un tantinet « sexy trash ». Nous avons eu de beaux échos sur les accords terre-mer portées par l’amour des épices. On se lance dans la formule Lunch à 30 euros, avec la ravissante truite de Banka qui nous réjouit avec son gravelax, sa betterave fumée et sa crème crue. On aime le parfum de sa feuille d’aneth, le croquant de ses œufs de truite aussi appelée « Saumon des Pyrénées » en raison de sa chair tendre. Dans le verre ? La cuvée Demoiselles 2022 de Château-Hostens Picant. Cette AOC Sainte Foy Bordeaux nous comble sous l’assemblage des ces trois cépages : Muscadelle, Sauvignon Blanc et Sémillon. On savait que la carte des vins était bien sourcée. On en a désormais la confirmation. Cette sélection parcellaire orientée vers les meilleurs terroirs argilo-calcaires et argilo-silex du domaine offre un vin fruité et mielleux avec une légère touche de bois.

Une savoureuse création sucrée «  à se damner ».

Pour le plat, on suit la recommandation avisée de Aïssatou qui nous chante la beauté du « poisson du moment », en l’occurence un lieu en filet grillé, chou chinois et beurre blanc aux agrumes. On décèle la présence bienvenue de piment d’espelette et d’huile aux herbes comme le rappelle brillamment Xavier. Le service est impeccable, sans circonvolutions inutiles, dans cette salle de 40 couverts récompensée du titre « Table Gourmande » 2025 par le Gault&Millau. Et ce plat, à la cuisson parfaite nous régale dans la convivialité d’un échange heureux. Pour la soif ? La magnifique cuvée Le Passage 2022 de chez Stéphane Ogier. On contemple la robe grenat aux reflets violacés de ce Saint-Joseph rond et soyeux dont le nez dévoile des arômes de fruits rouges aux notes poivrées et réglisées. Une véritable « boîte d’épices » venue du terroir Granit de la commune de Malleval.

On sait que l’élevage de 12 mois s’est fait en barriques dont 10 % de bois neuf. A l’instant du dessert, on opte, comme souvent, pour le partage de deux merveilles sucrées. D’une part l’incontournable « moelleux marron » qui réussit le mariage diabolique de la crème anglaise, du chocolat et du marron. Une savoureuse création «  à se damner » va à l’essentiel, à savoir la plénitude. D’autre part, la dessert-signature du chef répondant au nom déstabilisant de « Banofee ». Quid de ce dessert-mystère de haute volée ? Les quatre ingrédients annoncent illico la couleur : banane, dulche de leche, pécan et muscade. Les papilles papillonnent à la découverte des parfums enjôleurs de cannelle. En quittant les lieux, on se dit que cette belle équipe, comptant dans ses rangs les talentueux Yvan Vuk et Léo Renusson, aux cotés du chef nantais Grégory Marchand, offre une cuisine ciselée et juste aux goûts travaillés et aux sauces réconfortantes. Une adresse courue mais où il n’est pas nécessaire de faire la queue et qui ne déçoit pas !

www.frenchie-pigalle.com