
A la fois resto-club et brasserie festive, cette attractive adresse des Grands Boulevards offre une expérience de bar hybride inédite dans laquelle on danse, on dîne et on bavarde jusque tard dans la nuit. EDGAR a voulu se fondre dans cette atmosphère endiablée en explorant cette excitante carte de plaisir !
Faire la fête avec panache jusqu’à trois heures du matin sans sacrifier le scénario qui se déroule dans l’assiette. Voici, en théorie, l’équation gagnante. Les vibrants DJ sets en continu et les joyeuses soirées dansantes de cette brasserie parisienne, du coté du métro Bonne Nouvelle, attire le tout-paris en quête de lâcher-prise sans perdre le chic. Le bouche-à-oreille semble bien fonctionner. Et comme chacun sait, la recommandation souvent parfois la critique. Dans ce décor, conjuguant nappes blanches et banquettes de velours, on vient pour voir et être vu notamment durant la fashion week qui en fait le repère des noctambules branchés. Imaginé par Eleni Group (bien connu pour sa cuisine grecque avant-gardiste impulsée par Pierre-Julien et Grégory Chantzios derrière l’huile d’olive Kalios mais aussi le talentueux chef Juan Arbelaez passé par le Bristol et à qui l’on doit notamment les établissements Levain, Vida, Barzuto ou encore les restaurants Yaya...), ce hot-spot chahute la fourmilière culinaire des noctambules en faisant flirter les plats avec une audace canaille sans « prise de tête ».
Le mot d’ordre ici est « intensité et simplicité » sans autre prétention que de prendre soin de sa clientèle sous un service pimpant. A notre arrivée, nous sommes reçus dans le sourire par le nouveau directeur Gilles qui nous place sur une délicieuse banquette nous prenant aussitôt par les sentiments. La carte qui s’applique à proposer quelques grands classiques de la bistronomie (dont le célèbre pâté en croûte, pickles de légumes, salade) se montre exemplaire. Faire le bon choix se révèle sacrificiel mais pourtant il faut trancher. On nous glisse à l’oreille que le ceviche de dorade royale, leche kalamansi, pamplemousse (18 euros) est divin. C’est signé. Il serait sacrilège d’ignorer aussi le carpaccio de bœuf mâturé kalios (16 euros), nous dit-on, sur notre droite. On s’exécute. Dans le verre ? Sans hésiter l’amical Vouvray « Coeur de Silex » du Domaine des Aubusières. On retrouve toute la fraîcheur du terroir et un plaisant nez expressif de pamplemousse aux notes de pêche de vigne. En bouche, la rondeur dévoile un bel équilibre entre les arômes naturellement fruités et la minéralité caractéristique du Chenin.
Un instant crucial où il faut garder le cap.
Sur cette partition en trois temps, l’étape du plat de résistance représente un instant crucial où il faut garder le cap. Quelques épicuriens avisés, rencontrés la veille, n’ont pas tari d’éloges sur le magnifique suprême de volaille, purée de topinambours et champignons (28 euros). Ils nous ont également vanté la bonté du généreux filet de daurade à la plancha, fenouil confit, carottes roties, olives kalamata et sauces aux agrumes (32 euros). Notre coeur balance. Toutefois, quelque chose nous dit que la vérité se trouve ailleurs. D’après nous, la ravissante poitrine de cochon confite (24 euros) donnera le la. Accompagné d’une purée de céleri rave au miso et broccolini à la plancha (24 euros), ce plat-signature assouvit notre curiosité et apaise notre palpitant. Pour la soif ? Le sympathique Petit Cablis du Domaine Vrignaud sur le millésime 2023. Ce 100 % Chardonnay est à la fois frais et fruité. Il se caractérise par des notes d’agrumes au nez et une bouche plein de rondeur.
Son élevage en cuve extrait toute la vivacité du terroir et offre un moment de plaisir aux reflets d’agrumes et de fleurs blanches. Le service aux petits oignons, assuré avec brio par Charly qui nous s’enquière régulièrement de notre confort, tire le curseur de satisfaction vers les pics de joie. A l’instant du dessert, on constate que la fête s’est installée naturellement dans ce lieu où la bande son s’évapore vers des registres et des morceaux électro-lounge. Une sélection de tubes du monde entier font se dandiner les convives fredonnant au coeur de la nuit. On se résoud à partager deux irrésistibles douceurs. D’une part, la fabuleuse tarte tartin, crème crue vanille (12 euros). Cette dernière est parfaitement exécutée dans les règles de l’art pâtissier. D’autre part, le tiramisu, crémeux chocolat blanc (ce menu détail a toute son importance), cacao. On oscille entre bénédiction et béatitude. En quittant les lieux, on se dit que l’entêtante Babille n’est pas une adresse où « l’on mange pour sortir » mais plutôt un repère où il fait bon se régaler sous un charmant tintement de couverts. Nous étions mercredi, jour de karaoke et de blind test, et on doit dire que la folle effervescence, face au théâtre du Gymnase, avait quelque chose de franchement « stylé » ! www.babille-restaurant.com

Journaliste spécialisé en art contemporain, Clément Sauvoy est également commissaire d’exposition et collectionneur. Cet épicurien globe-trotter, partage régulièrement son amour des vins remarquables.
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