Recevez la newsletter

NUMÉRO EN KIOSQUE

Château Quintus : Quintessence de Saint-Emilion

Situé sur un promontoire calcaire situé à plus de 60 mètres d’altitude ouvert aux quatre points cardinaux, ce vignoble du prestigieux Domaine Clarence Dillon, jouissant de l’expertise de Haut-Brion exprime l’excellence d’un travail de haute précision associant Merlot et Cabernet Franc. EDGAR a échangé avec Mariette Veyssière, régisseuse du domaine qui nous raconte, au coeur des vignes, l’histoire et le style de ce vin d’exception droit soyeux et profond !

Quelques mots sur l’histoire singulière de ce domaine situé sur la rive droite de la Dordogne à Saint-Émilion ?

La création de Château Quintus est un projet singulier dans l’histoire de Saint-Émilion. Là où de nombreux grands domaines s’inscrivent dans une continuité séculaire, lui est né d’un acte de création contemporain, en assemblant des vignobles anciens et avec la volonté de prolonger une histoire viticole millénaire tout en écrivant un nouveau chapitre.

Que pouvez-vous nous dire sur le vignoble lui-même ?

Ce vignoble est unique. Situé autour d’un promontoire majestueux qui s’ouvre aux quatre horizons et domine la vallée de la Dordogne, il rassemble une diversité exceptionnelle de terroirs (mêlant calcaires, argilo-calcaires et argiles), de microclimats et d’expositions qui confèrent à chaque parcelle sa propre identité. La richesse du vignoble réside dans cette diversité. Chaque terroir apporte une nuance, une énergie, une expression différente du fruit.

Qu’en est-il des équipes techniques qui façonnent cette identité si particulière ?

L’identité de Quintus est le fruit d’un dialogue permanent entre le terroir et les femmes et les hommes qui le cultivent. Les équipes bénéficient naturellement de l’expertise de Domaine Clarence Dillon, tout en apportant une attention très spécifique aux particularités de Saint-Émilion. Leur travail consiste avant tout à observer, comprendre et accompagner chaque parcelle selon ses besoins. L’assemblage est l’aboutissement de cette démarche. Il ne s’agit pas simplement de réunir différents cépages et parcelles, mais de révéler la quintessence de cette mosaïque de terroirs et à en exprimer toute la richesse dans un vin harmonieux, fidèle à son lieu et capable de traverser les générations.

On parle d’une « création ». Comment a-t-elle été pensée ?

Quintus est né d’un lieu avant d’être né d’un nom. C’est la singularité de ce promontoire exceptionnel qui a inspiré le projet. Ce nom est venu traduire cette vision. Il évoque les quatre directions vers lesquelles s’ouvre naturellement le promontoire – le nord, le sud, l’est et l’ouest – auxquelles s’ajoute une cinquième, plus symbolique : le geste créateur. Ce geste est celui de l’humain, qui sélectionne, assemble et donne du sens à la diversité des terroirs pour en révéler une expression harmonieuse et durable. Il est l’expression d’une philosophie où le lieu est à l’origine de tout, et où l’assemblage devient lui aussi un véritable acte de création.

Comment se présente, selon vous, le millésime 2015 ?

Le millésime 2015 marque une étape importante dans l’histoire de Quintus. Il illustre pleinement le potentiel du domaine après plusieurs années de travail de fond sur les terroirs et les assemblages. C’est un vin d’une grande harmonie, où la richesse du fruit s’accompagne d’une remarquable fraîcheur et d’une belle précision. Avec le recul, il apparaît comme l’un des premiers millésimes ayant pleinement exprimé la personnalité propre de Quintus : un équilibre entre puissance, élégance et profondeur, porté par une grande aptitude au vieillissement.

Il y a chez Quintus, semble-t-il, une attention toute particulière portée aux différentes entités culturales.

La diversité des terroirs est précisément ce qui fait la richesse de Quintus. Chaque parcelle possède son identité, son exposition, son sol, son rythme de maturation. A chaque fois, c’est presque un microclimat. Elles sont donc conduites et suivies de manière individualisée, durant toute l’année, y compris pendant les vendanges. Cette approche permet ensuite une sélection extrêmement précise lors des assemblages. L’objectif est de faire dialoguer les cépages et les parcelles afin d’obtenir l’expression la plus complète et la plus harmonieuse du vin.

N’oublions surtout pas Dragon, le second vin, qui a hérité d’une sculpture emblématique…

Son nom est en effet directement inspiré de la sculpture monumentale de Mark Coreth qui veille sur le promontoire depuis de nombreuses années. Cette immense statue en bronze d’un dragon de six mètres d’envergure est installée sur le promontoire sur lequel s’élevait autrefois un poste de guet pour veiller sur les environs. Inspiré de la légende occidentale faisant du dragon une créature fabuleuse à la vue perçante, protégeant un trésor inestimable, cette statue aux ailes largement déployées est devenue le symbole du domaine. À l’image de cette sculpture, Dragon exprime une autre facette du terroir de Quintus. Il bénéficie de la même exigence de sélection et de vinification, avec un style plus accessible dans sa jeunesse, tout en conservant l’élégance et la fraîcheur qui caractérisent les vins du domaine.

Est-il juste de dire que Quintus, c’est tout un terroir auquel on redonne son prestige d’antan ?

En effet, dans le sens où le projet consiste précisément à révéler tout le potentiel d’un terroir exceptionnel. Le promontoire sur lequel se situe le domaine est reconnu depuis très longtemps pour la qualité de son terroir. Il est situé au cœur des plus grands terroirs calcaires de Saint-Emilion. La création de Quintus a permis de réunir des terroirs historiques afin d’en proposer une lecture harmonieuse. L’ambition n’est pas de recréer le passé, mais de prolonger cette histoire en construisant un grand vin contemporain, fidèle à son lieu et tourné vers l’avenir.

La philosophie de ce grand vin ?

Elle est simple : privilégier systématiquement la qualité à la quantité. À chaque étape culturale et de l’élaboration du vin, la sélection est le maître-mot. Dès les vendanges, les raisins font l’objet d’un tri rigoureux afin de ne conserver que les plus belles expressions de chaque parcelle. Cette exigence se poursuit tout au long des vinifications et trouve son aboutissement lors de l’assemblage. Les vins sont aujourd’hui présents sur les principaux marchés internationaux, principalement en restauration et hôtel, ainsi que dans de belles enseignes de cavistes.

Comment Quintus se fait-il une place face au monstre sacré Haut-Brion ?

Il ne s’agit pas d’une comparaison mais d’une complémentarité. Château Haut-Brion et Château Quintus sont deux expressions de terroirs profondément différents : l’un à Pessac-Léognan, l’autre à Saint-Émilion. Ce que Quintus partage avec Haut-Brion, c’est une même exigence de précision, de sélection et de recherche d’excellence. Mais chacun possède sa personnalité propre. Quintus n’a jamais cherché à reproduire Haut-Brion : il cherche à exprimer la quintessence de son propre lieu.

Peut-on voir en Quintus une véritable « locomotive » ?

La reconnaissance progressive de Quintus s’est construite avec le temps, par le travail des équipes et par la qualité des vins. Les dégustations à l’aveugle ont joué un rôle essentiel, car elles permettent au vin de s’exprimer sans préjugé lié à son histoire plus récente. Elles montrent aujourd’hui que Quintus peut se tenir aux côtés des plus grands noms de Saint-Émilion et à ce titre, il constitue bien une locomotive.

Quel a été le défi majeur, en particulier au regard des nouveaux consommateurs ?

Le principal défi a été de construire une identité forte dans une appellation où l’histoire et l’héritage occupent une place essentielle. Quintus possède justement une singularité : celle d’être un projet récent enraciné dans un terroir ancien, né d’un geste créateur audacieux. L’enjeu consiste à transmettre cette vision, à expliquer que la modernité de Quintus ne réside pas dans une rupture avec la tradition, mais dans une nouvelle manière de révéler la quintessence d’un patrimoine exceptionnel.

Votre pari semble bien engagé avec le millésime 2015…

Avec le recul, le millésime 2015 apparaît effectivement comme un jalon important dans la construction de Quintus. Depuis, les millésimes n’ont cessé de confirmer cette trajectoire. La meilleure preuve réside sans doute dans les dégustations à l’aveugle, où le château figure désormais régulièrement aux côtés des plus grands noms de Saint-Émilion. Cela confirme que l’ambition formulée en 2011 était la bonne : bâtir, patiemment, un vin dont l’excellence s’impose naturellement, non par son histoire ou son classement, mais par sa qualité constante.

www.chateau-quintus.com

Infos pratiques oenotourisme  :

– Le Sentier de Dragon. Durée 45 min à 1h / tarif : 30 euros

– La visite Privée Quintus – L’assemblage des terroirs. Durée 1 h 30 / tarif : 60 euros.

– Le Pique-nique de Quintus. Tarif : 65 euros par personne / Réservation 10 jours à l’avance.

– Initiation à la dégustation. Durée 1 h / Tarif : 80 euros / A partir de 4 personnes.

– Masterclass Quintus. Trois millésimes, une identité. Durée : environ 2 h / tarif : 100 euros / A partir de 4 personnes.

Mots Clés