
Dépaysante et loin des stéréotypes, cette seconde adresse du groupe Tandoor Club joue la carte des saveurs d’ailleurs librement revisitées. Le décor cinématographique vaut à lui seul le détour. EDGAR a constaté, sur place, que l’évasion y est parfaite !
A deux pas du Grand Rex et des Folies Bergères, cette étonnante brasserie d’inspiration indienne de 240 m² fait parler d’elle du coté des Grands Boulevards. Jouissant d’une ravissante terrasse en enfilade sur le trottoir, elle trouve naturellement sa place dans ce quartier bien connu pour son influence Art Déco (très présente également dans la ville de Mumbai). Dans la rue de Trévise, les amateurs de tables alléchantes apprécient la carte non standardisée de ce deuxième établissement (ouvert tous les jours) du Tandoor Club fondé par Eqbal Hossain, Bastien Beccoux et Alexis Gracio. Le trio d’amis qui avaient déjà tapé dans le mille avec Delhi Bazaar dévoile un nouveau repère en hommage aux irani café de Mumbai, berceau de Bollywood.
A notre arrivée, les banquettes rétro, le granito au sol et les ventilateurs en aluminium nous font penser aux wagons-restaurants indiens avec une touche filmique très Wes Anderson. On nous a parlé des incroyables keema pav, bhjuri et bun maska qui attirent ici une clientèle fidèle depuis l’ouverture en septembre dernier. Certains foodies voyageurs, viennent de loin pour tester les pakoars d’oignons ou encore le fameux Chettinad Fish Curry. Dans ce décor des années 50, puisant dans l’âge d’Or de Mumbai, on veut percer les mystères de ces saveurs épicées d’alleurs. On se lance, sous la suggestion du manager Jason, avec quelques chotas. Deux ravissants pakotas (4 euros) nous ouvrent l’appétit. Ces beignets d’oignon à la farine de poids chiche, chutney tomate et piment offrent croquant et onctuosité. Viennent ensuite les Dahi Puri qui nous permettent de faire l’expérience de la street food indienne. Ces quatre coques de blé soufflées sont nappées de chutney menthe coriandre et chutney tamarin et yaourt (6 euros). Un vrai délice. On recommande également les fameuses Aloo Tikki Chaat (7 euros).
Une ambiance bon enfant sans chichi.
Ces croquettes dodues à base de pommes de terres épicées ont un coté régressif qui se marie bien avec le mocktail star des lieux : le Cuffee parade qui est jus de raisin rose maison associant sirop de basilic maison, jus de citron et pet’nat’ sans alcool UMA. Pour les grosses fringales, on peut ajouter les irrésistibles Keema Pav/ Pav Baji (8 euros) qui se présentent sous la forme de deux belles brioches beurrées à dipper dans un curry de poulet ou de légumes en version végétarienne. C’est au choix. Dans cette salle bondée, au volume sonore élevé l’ambiance bon enfant sans chichi déborde de convivialité. Dans la section « Badas » de la grande carte plastifiée, on se tourne vers le « Salli Boti », cet agneau tendre aux oignons caramélisés recouverts de pommes pailles mijoté 5 heures. C’est un plat signature car il est inspiré de la recette familiale du chef Gustad à Mumbay. Pas de naans mais du Pulao Rice (riz basmati aux épices) pour faire un accompagnement idéal au service des saveurs.
On nous invite gracieusement à découvrir la nouvelle recette du « butter chicken. Ce haut de cuisse cuit entier au tandoor, sauce tomate au beurre noix de cajou et fenugrec (14 euros) est une vraie merveille. Ce plat peut être pimenté sur différentes échelles à la demande du client. Pour la soif ? Un lassi mangue (6 euros), boisson au lait et yahourt. La gratitude dans le gosier est bien là. A l’instant du dessert et des premiers bilans, on réalise que cette adresse séduira les fidèles de Jugaad (rue Favart) ou de Shirvan (place de l’Alma) par l’authenticité des ingrédients et des épices. Sur l’instant sucré, on retient l’idée du partage avec le divin sorbet piment vert crumble au sel rose de l’Himalaya, mangue fraiche et vanille (8 euros). A cette douceur, on ajoute l’aérien Kulfi Sundae Style, sculpturale glace indienne revisitée à base de cardamone. En quittant les lieux, on se dit que dans cette salle où le brouhaha cosmopolite rime avec diversité, touchantes retrouvailles et joyeux barvardages, la cuisine ne se moque pas du client foodie qui a bourlingué et souhaite retrouver des plats-réminicences dans leur justesse culinaire et culturelle. Hors du kitsch !

Journaliste spécialisé en art contemporain, Clément Sauvoy est également commissaire d’exposition et collectionneur. Cet épicurien globe-trotter, partage régulièrement son amour des vins remarquables.
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