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Au Normandy, le chic éternel

Sur la Côte Fleurie, le 5 étoiles de légende et fleuron du groupe Barrière conjugue classicisme Belle Epoque et grande modernité. EDGAR a répondu à l’invitation d’un séjour sur une nuitée et a rencontré Rihab Saad le nouveau directeur général de cet établissement de légende qui nous parle de cette âme singulière si chère au 7ème art !

« Cette légendaire Maison anglo-normande a accueilli des personnalités telles que Coco Chanel, Charles III, Claude Lelouch – entre autres, qui en ont fait un mythe depuis plus d’un siècle. C’est un lieu chargé de mémoire, mais vivant. On sent que des générations y ont vécu des moments importants. Le lieu a une âme transmise, pas reconstituée... » confie Rihab Saad, patron du Normandy. Avant d’ajouter ceci : « En 2026, l’Hôtel Normandy entretient sa légende car il préserve l’âme avant de chercher l’effet, il transmet avant de transformer et reçoit avant de séduire. C’est cette cohérence tenue dans le temps qui fait qu’on ne parle pas du Normandy comme d’un simple hôtel mais comme d’une institution vivante. » Sous le ciel bleu céleste d’hiver aux nuances de rose et de gris-orage ondoyantes de Deauville, le Normandy incarne le raffinement et le chic cosy d’une destination portant fièrement la signature Barrière. Lors de son ouverture en 1912, quelques plumes enthousiastes allèrent jusqu’à parler de « plus bel hôtel du monde ». Il y a ici comme quelque chose de la madeleine de Proust. Sa silhouette iconique associée à ses ravissants colombages et sa situation idéale, à un lancé de pierre du célèbre Casino, en font un écrin absolument à part dans cette cité balnéaire du Calvados de 3500 habitants aux airs de carte postale. Une clientèle à 80 % française et familiale y vient chercher le réconfort d’un 5 étoiles pas comme les autres cultivant son ancrage dans l’univers des lettres, des courses de chevaux  et du cinéma.

Les belles réminiscences prolongent chaque jour les récits croisés et collectifs de cette institution emprunte d’une joyeuse et fascinante mythologie. Lorsque l’on pénètre pour la première fois dans cette majestueuse architecture aux airs d’imposant manoir anglo-normand,  on ressent cette magie d’antan sans toutefois éprouver la mélancolie d’un temps passé. Car le Normandy, a toujours su s’inscrire de plain-pied dans son époque. En 2015, la grande rénovation sous la signature « couture » de Nathalie Ryan (en charge 10 ans du département architecture de la Maison Dior) et d’Alexandre Danan, de ce joyau historique du groupe Barrière, séduit agréablement les hôtes par la finesse de son décor ne tombant jamais dans l’excès.  Accueillant de nombreuses toiles de l’artiste Siss, la galerie en enfilade et son captivant « Wall of Fame » dédié aux hôtes illustres de l’hôtel, entretient cette relation intime du Normandy avec le 7ème Art. On contemple, sans jamais se lasser, les affiches de quelques films d’anthologie, comme « Hôtel Normandy » de Charles Nemes, « La Disparue de Deauville » avec Sophie Marceau ou encore le long-métrage culte « Un homme et une Femme » de Claude Lelouche qui immortalisa l’histoire du 5 étoiles aux 271 chambres et suites (dont 56 avec vue sur la mer et 21 avec une vaste terrasse privative) décorées de toile de Jouy. Un détail qui aurait certainement plu à Coco Chanel qui ouvrit une boutique de chapeaux à la naissance de l’établissement. Nous ferons à notre arrivée l’expérience délicieuse et enveloppante de la piscine chauffée et du spa avant de nous diriger vers le point névralgique du bar sous la houlette du chef Barman et maestro Frédéric Desmars aux commandes ici depuis 25 ans.

Parmi la quarantaine de cocktails (dont les immanquables « Les plus belles années d’une vie », « Eximo Colada » ou « Piscine à l’Italienne »), sur une carte renouvelée tous les six mois, on échappe aux tendances en évoluant dans une partition rendant hommage à la tradition française.  C’est aujourd’hui à travers une longue liste de festivals et un agenda culturel chargé que le vaisseau amiral du Normandy façonne son histoire et plus largement celle du groupe auquel il appartient. A ce titre, la direction précise  : « Barrière est un partenaire fidèle des plus grands rendez-vous audiovisuels. Le Groupe accompagne également le Dinard Festival du Film Britannique & Irlandais, le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, le Biarritz Film Festival ainsi que Cannes Séries et Séries Mania à Lille, confirmant sa proximité avec la création contemporaine sous toutes ses formes. Ces partenariats prolongent une relation singulière entre Barrière et le cinéma, où la passion pour l’art s’allie à l’exigence de l’accueil et au rayonnement des territoires. » Durant la grand-messe du Festival du Cinéma américain de Deauville de septembre, ce cocon feutré, s’étendant sur les deux salles adjacentes du Piano Bar et de la Galerie, fait salle comble. Parmi les inconditionnels ?  La star Nicolas Cage ou encore Pierce Brosnan, adepte du Dry Martini devant l’éternel. La prestigieuse clientèle de la vente de yearling des enchères Arqana a également fait de ce royaume de la mixologie son point de ralliement favori. A noter que la carte dédiée au Calvados Pays d’Auge accueille ici quelques merveilles : Christian Drouin 1973, Pierre Huet Vieille Réserve, Dupont millésime 1972…

Inscrite dans les gènes du Normandy, l’excellence gastronomique trouve sa plus belle expression au restaurant Belle Epoque qui soigne ses clients avec une carte ciselée qui jouit d’une renommée s’épanouissant au-delà du périmètre de Deauville avec quelques plats remarquables toujours très plébiscités par les amateurs de cartes courtes tels que le fabuleux lieu jaune à la Dieppoise poireaux confits, le réconfortant velouté de cèpes foie gras chaud ou encore le renversant suprême de volaille sauce vallée d’Auge. Derrière les fourneaux, on retrouve la vision éclairée du chef Christophe Bezannier qui a sévi notamment au Majestic de Cannes et à l’Hôtel du Golf Barrière en qualité de chef exécutif. Coté Pâtisserie ? Christophe Adam nous cajole avec un choix de desserts de haute volée dont la divine tarte tatin, crème normande vanille et tuile croustillante. Les gourmets souhaitant profiter des bienfaits du littoral prendront la direction des planches pour savourer en terrasse les plats aux saveurs méditerranéennes du bar du Soleil ou opteront pour les assiettes iodées face à la plage du très sélect Bar de la Mer. Mais pour une symphonie gustative marine d’exception on prendra une réservation au Ciro’s (aussi présent à Cannes et à la Baule) prisé du gratin deauvillais qui se délecte de ses fruits de la mer et de sa divine bouillabaisse ! En quittant notre chambre 104 Junior Suite et sa Vue Mer, avec un léger pincement au coeur pour regagner Paris à 2h de train, on garde en tête ces quelques mots de Rihab : « Le Normandy, c’est une maison où l’on vient chercher bien plus qu’un séjour : des souvenirs, des émotions, et une expérience profondément humaine. C’est aussi la continuité et la constance que vient chercher notre clientèle. Cela se traduit par un accueil personnalisé,  jamais mécanique, la reconnaissance (nom, habitudes, préférences) et une relation humaine, sincère, discrète et non ostentatoire. » C’est certainement là que réside le secret de l’extraordinaire longévité de cette référence mondiale du grand chic français !

www.hotelsbarriere.com