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Numéro 97 en Kiosque

Le nouveau prodige du menswear s’appelle Yoxeone

La capitale française regorge, depuis plusieurs années, de nouveaux labels prometteurs qui tendent à réinventer l’échiquier de la mode masculine. Avec, comme mission divine, de faire valoir l’individu au-delà du vêtement. Jeune loup ambassadeur d’un nouveau streetwear intelligent, Sélim l’a bien compris, et imagine un vestiaire pour tout homme soucieux de son style. Portrait.

Par Félix Besson

Les success-stories se construisent à la manière d’un bon film. À la base, un individu, visionnaire de préférence, qui jette une idée sur le papier. Vient ensuite un mécène, qui soutient le-dit génie et donne la possibilité au projet de voir le jour. Puis, à force de castings, de lieux incroyables et d’un esthétisme inédit, la magie opère, scène après scène, prise de vue après prise de vue. Chez Yoxeone, le brief était sensiblement le même au début. L’individu à l’origine du projet ? Sélim, juste Sélim, car peu importe le nom de famille lorsqu’on a le talent. À la place d’une vie toute tracée, entre Sarcelles et la capitale, le créateur se permet une sortie de route et s’immerge à corps perdu dans la mode masculine. Grand collectionneur de perfectos et blousons en cuir, il associe chaque trophée de sa collection à un passage de sa jeunesse, et inonde ses collections de références à cette passion. “Je me suis lâché sur le côté marginal que je tient de mon passé, de la vie et de l’enfance que j’ai eue. J’ai essayé de retranscrire ces souvenirs sur des silhouettes.” explique-t-il. Une succession d’outils mémo-techniques qui donne une dimension authentique, virale, au travail de ce jeune homme qui rêvait de mode et de sapes au détour des clips MTV ou des pages glacées des magazines.

Le brief de base ? Une silhouette libérée de tout carcan, pour un homme qui affirme sa personnalité et son unicité à travers ses vêtements. Une sorte d’étendard intellectuel qui prône l’accomplissement personnel, et suit un système de valeurs propre à son fondateur. La nostalgie d’une époque, les années 90 en l’occurrence, où tout le monde vivait ensemble, dans un mélange cosmopolite et homogène. “Cette époque est révolue. Ça fait dix ans que j’ai quitté Sarcelles. Je suis issu d’un métissage, je suis donc pour le mélange, la cohésion. Aujourd’hui, c’est peine perdue, cette fraternité n’existe plus. Il fallait que je parte de là pour prendre mon envol.” note Sélim “C’est difficile de couper le cordon, mais c’était nécessaire”. Affranchi, il se lance dans le prêt-à-porter masculin après plusieurs mésaventures, et s’attire les louanges d’une communauté musicale friande de ses t-shirts à messages et pièces en cuir. Logé dans son énorme studio de La Courneuve, il y concilie son atelier de couture (presque toutes les pièces y sont fabriquées de manière quasi-artisanale) et ses business annexes, en bon homme d’affaire qui se respecte. Jeune voix dans un paysage mode gangrené par l’uniformisation et la réalité commerciale, il rêve encore d’un homme qui achète ce qui lui plaît, à l’encontre de toute envie d’appartenir à une communauté ou de jouer le rôle de l’homme sandwich. Innovant, smart, décontracté mais sophistiqué, l’homme Yoxeone n’a pas peur de faire entendre sa voix au dessus du tumulte parisien. Et tend vers un avenir aussi brillant que tout tracé pour lui.

 

www.yoxeone.com

 

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