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Megève, la diversification des expériences

Montée en gamme, repositionnement et nouveaux standards du luxe…. L’offre hôtelière mégevanne cultive, plus que jamais, son standing d’élite. EDGAR a eu l’honneur d’être accueilli par la famille Sibuet, pionnière dans le secteur, qui nous fait part de son ADN 100 % familial. Rencontre exceptionnelle à travers trois établissements emblématiques marqués par un sens de l’hospitalité d’exception. Trois jours de découvertes au sein d’une actualité locale vibrante entre nouvelles adresses lifestyle, expositions et célébrations féériques !

Certains chiffres sont parfois plus révélateurs que les mots. Seulement 50 % de la clientèle de la plus chic station de Haute-Savoie, seraient d’inconditionnels adeptes du ski. Une information que corrobore le dicton local : « Il n’y pas que le ski à Megève ! ».  A notre arrivée, Caroline Denat, Directrice de l’Office du Tourisme de Megève, appuie le propos : « Sans chercher à rivaliser avec l’immensité des 3 Vallées, le plus grand domaine skiable au monde, la station cultive une autre philosophie de la montagne. Ici, le ski se vit à un rythme plus doux, plus familial, dans la forêt et face au Mont-Blanc. Loin de l’intensité des destinations d’altitude. On y revendique un « ski épicurien » : une expérience hédoniste où le plaisir de la glisse se savoure autant que les instants gourmands en terrasse, et où la pause déjeuner devient un art de vivre.» Mais alors, comment la station entretient-elle son prestigieux héritage né dans les années 1920 avec la famille Rothschild qui y posait les bases d’une destination où élégance, hospitalité, l’audace et la douceur de vivre primaient déjà sur la seule performance sportive ? Car, en effet, le « Village», comme on l’appelle ici, cultive, dans ses origines et ses racines,  un art de vivre singulier, façonné par son histoire aristocratique et son statut de station pionnière du tourisme de montagne.

Caroline nous livre son sentiment personnel sur le sujet : « Quand on est une destination historique, au patrimoine aussi riche et aux racines pionnières, chaque année est une occasion de célébrer un pan de l’histoire qui a façonnée Megève ! 90 ans du Téléphérique de Rochebrune en 2024, 80 ans de l’ESF et 110 ans de l’Office du tourisme en 2025 ! Cette année nous célébrons les 100 ans de la Maison AAllard, véritable institution locale. Une maison qui façonne la place du village depuis toujours. Autant de moments pour revisiter l’histoire et partager l’âme de Megève.» Et d’ajouter ceci : « Notre politique touristique n’a pas d’autre choix que d’être exigeante : assumer son positionnement, maitriser son récit et sans cesse se réinventer. La marque Megève « oblige» ! Cultiver l’image de l’icône alpine c’est avoir un souci permanent du détail et viser l’excellence dans tous les domaines. Préservation du patrimoine, rénovation de l’offre hébergement, expériences sur mesure et intégration des nouvelles tendances bien-être, cuisine, culture, art… participent à faire de Megève une destination résolument contemporaine, sans jamais renier son ADN. » Fort de ses précieuses explications, nous débutons notre séjour au Lodge Park qui vit cette année une transformation majeure en accédant au rang de cinq étoiles. Le magnifique établissement passe désormais de 49 à 29 chambres, avec une montée en gamme assumée et la création du Spa Longévité avec la ligne de soins Pure Altitude lancée par Jocelyne Sibuet. De plus, l’établissement a intégré des installations dernier cri comme la cryothérapie, la pressothérapie ou encore le caisson hyperbare, pour répondre à une pratique sportive de la montagne plus exigeante, plus experte et plus consciente du corps. Derrière tous ces investissements de taille, l’objectif est clair : faire du Lodge Park l’hôtel le plus luxueux du centre du village.

Les plus belles viandes du monde au Lodge Park.

A noter que c’est ici, au Beef Lodge Restaurant, sous l’expertise avisée du chef épicurien Christophe Cote, que l’on déguste les plus belles viandes du monde (Côte d’Aubrac, Brochette Wagyu, T-Bone Shortorn maturé 5 mois…). Marie Sibuet, qui assure la relève avec son frère Nicolas nous donne quelques pistes pour mieux comprendre l’essence de cette signature familiale unique qu’elle entretient au quotidien avec passion : « Nous avons grandi à Megève et nous y vivons et travaillons depuis trois générations. Cela influence profondément notre regard et notre manière de faire de l’hôtellerie, très différente de celle d’acteurs purement financiers ou extérieurs au territoire. Nous portons une vision familiale et traditionnelle de l’hospitalité, qui devient aujourd’hui assez rare dans le paysage alpin. Nous concevons nos lieux nous-mêmes, sans suivre les cabinets de tendances ni les effets de mode. Cette liberté nous permet de créer des maisons intemporelles, avec du caractère, une âme, une vraie identité, loin des standards interchangeables.» La première nuitée sereine, loin du tumulte parisien,  face à l’hypnotique Jaillet sera l’occasion de savourer ces quelques éléments de réponse sur l’ADN si caractérisque des Sibuet dans ce décor enveloppant alliant l’architecture du lodge africain et un plaisant esprit trappeur contemporain.

Nos échanges matinaux au coeur de la station confirme le phénomène de la diversification des expériences proposées au-delà du ski. La station a su développer une véritable offre quatre saisons, en particulier sur l’été et l’automne, avec des activités culturelles, gastronomiques et bien-être de plus en plus structurées. Des événements majeurs et attractifs comme Toquicimes participent pleinement à cette dynamique et viennent renforcer l’ancrage gastronomique de Megève, qui fait partie intégrante de son identité. La nouvelle table étoilée « Vous » du chef Julien Gatillon et l’ouverture de The Rabbit Hole, nouveau temple de la mixologie sous la houlette de Thomas Bencze (du Studio Givré et champion de Flair Bartending) attestent de l’énergie et de l’émulation à l’oeuvre à Mégève qui se renouvelle sans jamais se travestir. En effet, rue Saint-François, ce nouveau bar à cocktails fait partie des « place to be » attractive  du moment tout comme l’incontournable restaurant de piste Super Megève en sortie de téléphérique de Rochebrune ou le somptueux buffet de pâtisserie du jeune chef visionnaire Kevin Daraud à la Chocolaterie du Grand Hotel du Soleil d’Or disposant du seul bar-rooftop de Megève. Nous prolongeons notre immersion dans le « monde Sibuet » avec la découverte de l’Hôtel Mont-blanc : le plus vieil hôtel de Megève ouvert en 1915 qui fut, dans les années 50, le repère festif d’acteurs, de célébrités et d’artistes. Le Bar des Enfants Terribles accueillit en son temps Jean Cocteau qui y laissa son empreinte et quelques fresques magistrales. Coté gastronomie, la table du Relais du Mont-Blanc opte pour une cuisine réconfortante (plébiscitée pour sa joue de bœuf, ses macaronis au vacherin et truffes ou encore ses quenelles de brochet) sur 70 couverts. L’immanquable Tea time de l’après-ski à 16h est ici une institution dans cet établissement-écrin au blanc immaculé jouissant d’un emplacement exceptionnel car donnant sur la place du village et à deux pas du téléphérique.

Les Fermes de Marie, le plus beau 5 étoiles de Megève.

Impossible de plonger dans l’excitante actualité de Megève, sur cette foisonnante saison d’hiver, sans prêter attention à l’offre culturelle réjouissante marquée notamment par la surprenante exposition «Croix-moi» de Patrick Wack avec ses œuvres photographiques saisissantes d’art sacré sur le parcours de la montée du Calvaire jusqu’en mars prochain. Nous bouclons notre grandiose séjour mégevan en beauté avec Les Fermes de Marie considéré comme le plus beau établissement historique 5 étoiles de Megève  et dont la clientèle familiale est restée fidèle de génération en génération : « Les Fermes de Marie sont sans doute notre maison la plus kids friendly. C’est une destination en soi, où l’on vient à tout moment de l’année. Les clients recherchent un esprit convivial, authentique, très dépaysant, presque hors du temps. On y vient pour se reconnecter, ralentir, partager, dans une atmosphère chaleureuse et profondément humaine. Toutefois, nous constatons une forte montée en puissance du wellness au sens large. Les clients attendent désormais des salles de sport très technologiques, mais aussi des équipements de préparation et de récupération dignes du sport de haut niveau.» explique Marie Sibuet qui souligne l’histoire particulière de cet hôtel dont le bois de construction provient de fermes et chalets à l’abandon des environs démontés, pièce par pièce, avant d’être réutilisés pour reconstruire ce petit hameau accueillant aujourd’hui de huit chalets (69 chambres et suites, 2 chalets privatifs).

Point névralgique des lieux, l’immense Spa toujours très convoité au retour des pistes qui a été volontairement séparé en espaces adultes et enfants et qui a été le premier spa de la marque Pure Altitude. Cet havre de sérénité attire chaque hiver de nombreuses familles russes pour le Noël orthodoxe tombées amoureuses de ce charme et de ce raffinement « à la française ». Coté restaurant, les régressives coquillettes aux truffes font ici partie des plats de prédilection des initiés. La décoration entièrement pensée avec goût par la cofondatrice du groupe Maisons et Hôtels Sibuet (avec Jean-Louis Sibuet), fait d’objets chinés pointus et de magnifiques toiles de maîtres épousent la philosophie d’un luxe authentique et discret. Car avant d’être l’empire hôtelier actuel à la réussite éclatante que l’on connait, les valeurs Sibuet de convivialité et de simplicité ont toujours dicté une hospitalité de l’humilité venue tout droit du coeur. Ce positionnement semble porter ses fruits dans la jungle de l’hôtellerie de luxe mondiale où une compétition féroce fait rage. En regagnant Paris, on se dit que Megève et son Mont d’Arbois ont quelque chose vraiment de magique, que le ski ici est plus beau que grand et que pénétrer l’âme du « Village » c’est y revenir encore et toujours à toutes les saisons ! www.maisonsethotels-sibuet.com