Recevez la newsletter

NUMÉRO EN KIOSQUE

Chimère : la brasserie art déco qui remue le quartier de l’Opéra

Aux confins de l’Opéra Garnier, une néo-brasserie aux influences Art Déco dont la carte s’affaire volontiers à piocher dans les cultures du monde, est un condensé de découvertes et de partage. 

Chimère : créature mythologique, idée sans rapport avec la réalité ? Ce restaurant, situé aux abords du Marais et des grandes avenues bouillonnantes de l’Opéra Garnier, ne revêt pas ce nom par hasard.

Aussitôt devant ses grandes verrières art déco bordées de rouge, une fois la porte à battants métalliques déployée, le surréalisme inonde l’intérieur.

Le bar central, pièce maitresse, ses lampes à chapeau rond, ses chaises à coussin zébré, les méduses au plafond, tout ce design recherché, emprunt d’originalité et d’élégance, raisonne avec le choix de l’enseigne : Chimère. Et le client est loin d’avoir tout vu.

Assiettes surréalistes 

La carte est à elle-même, un concentré de curiosité : burrata, carottes rôties, pesto et sumac, carpaccio de daurade et gingembre, jalapeño et citron vert, pleurotes grillées, jus d’agave, tamari et houmous, tatin de céleri, huile de kimchi et crème au raifort, riz à l’encre de seiche Gremolata, kefta de merlu, sauce tomate, paprika et coriandre… pourquoi tant de mélanges ?

Italie, Corée, France… les cultures révèlent probablement un appétit démesuré du chef – on ne peut plus frenchie – pour les voyages, si ce n’est un goût débordant pour les associations de saveurs, la pureté française  pimentée d’exostime, l’exotisme contrebalancé par la richesse transalpine… Chez Chimère, il n’y a pas de mauvais combo, pourvu que la créativité soit le maitre-mot.

Ici assiettes surréalistes riment avec plaisir de la découverte. Un poireau vinaigrette, entrée française par excellente, se fond dans la peau d’un antipasti italien ou d’une tapas ibérique en  piochant dans l’équilibre de la pistache et du piment doux. Les pleurotes grillées, ce gros champignon plat et moelleux, empruntent un jus d’agave mexicain, un tamari japonais et un houmous libanais pour un mariage surprenant mais non moins efficace.

La courge rôtie, sauce Makhani et fêta, s’imprègne du soleil de Méditerranée, les côtelettes d’agneau à la sauce chimichurri se permettent un détour au Japon. Toutefois, certains plats tels que le riz à l’encre de seiche italien, le dos de cerf ou le magret de canard typiquement français, font confiance au savoir-faire ancestral, perpétuent une tradition qui se suffit à elle-même.

Et s’il fallait choisir une dernière douceur pour célébrer la subtilité et l’équilibre de la carte mais aussi son goût des libertés, le cheesecake basilic & fruit de la passion a le pouvoir de rouvrir l’appétit pour finir en beauté.

www.chimere-4septembre.fr