
Rue de Lille, le 5 étoiles JK Place Paris accueille en son sein un élégant restaurant à l’essence transalpine portant toute la passion de son chef sicilien. EDGAR a voulu faire l’expérience, à l’heure du déjeuner, de cette carte audacieuse qui attire les épicuriens adeptes de justes cuissons et des admirables saveurs de la Botte !
A quelques encablures du Musée d’Orsay, ce luxueux établissement de 29 chambres et suites faisant partie de l’enseigne italienne JK Place (présente déjà à Rome, Capri et Florence) est devenu depuis peu le repaire d’esthètes attirés par les pièces de mobilier exceptionnelles (signées Jacques Adnet, maison Jansen ou encore David Hicks) qui peuplent ce lieu attachant et singulier. Dans ce quartier des ministères, abritant quelques uns des plus grands antiquaires de la rive gauche, les belles tables sont vite convoitées. C’est cette clientèles sélect et exigeante que ce boutique hôtel confidentiel soigne avec la plus grande attention au quotidien. A notre arrivée, nous sommes fascinés par les bustes, tableaux, dessins et antiquités, chinées avec intelligence, qui accrochent aussitôt notre curieuse rétine volage. La riche collection d’ouvrages dédiés à l’univers du design historique, dans l’enfilade des salons, mérite aussi le coup d’oeil. Avant qu’il ne devienne le QG de collectionneurs gastronomes de Saint-Germain-des-Près, ce ravissant hôtel particulier abrita, nous dit-on, un consulat.
Et avant cela, il fut la demeure d’Alphonse de Lamartine. Rien que ça ! A notre arrivée, nous sommes accueillis chaleureusement par le Directeur F&B Angelo Acquaviva (ex du Princes de Galles et de Bulgari Hotel) et par le très sympathique second de cuisine Gabriele Balestro Galizia. Ce dernier a fait ses armes chez Bonnie et chez The Albereta. On nous place sur une belle banquette en velours vert émeraude. Tout se présente au mieux. On attaque sans tarder les entrées avec un alléchant trois temps : la ravissante salade caprese suivie d’un superbe carpaccio de gambas de Sicile, mangue, salicorne et yaourt puis un savoureux vitello tonnato, sauce tonnato et câpres. La qualité des produits livrent une fraicheur admirable et cela fait vraiment toute la différence. Dans le verre ? Un Chardonnay 2022 du Piémont produit par la vénérable Maison Giulia Negri. On a l’impression de déguster un grand Bourgogne, c’est exceptionnel et cela rend hommage à la cuisine du talentueux chef Ivan Ferrara formé chez le « patron » Pierre Gagnaire et ayant travaillé quatre ans à la très courue Trattoria Piero TT rue du Bac.
Toute l’Italie vibre dans l’assiette.
Le service assuré par le chef de rang Fabio est impeccable. Fluide, avenant et attentionné. Etape incontournable, la pasta se présente à nous dans une version demie portion afin de me pas trop peser sur l’estomac et nous permettre de prolonger les festivités de façon aérienne. On se délecte de l’intitulé dans le texte à prononcer d’une traite : « Tonnatello cacio e pepe avec du peconino romano aop ». Bravo, c’est toute l’Italie qui vibre à cet instant dans l’assiette. Pour la soif ? Le merveilleux Nebbiolo Langhe 2023 de chez Giulia Negri. On détecte en bouche, comme au nez, le coté « animal » de ce délicat nectar de la Botte. Gabriele nous épate et nous bluffe avec le plat qui fait son apparition sur cette table pleine d’humanités. En effet, le suprême de volaille, caponata , crème de poivron et poivron crusco (poivron frit de la basilicata) combine avec brio l’histoire de la gastronomie hexagonale avec celle de l’Italie.
L’exercice périlleux témoigne d’une technique et d’une maîtrise parfaitement abouties avec une créativité pleine de vie et d’inspiration. A l’instant du dessert, on renonce à l’éternel tiramisu pour lui préférer un deux temps en esprit partage. La pavlova nous berce avec sa meringue, son gel citron vert, sa confiture maison au fruits rouges, sa crème yaourt grec et son divin sorbert fruit rouge. Quant à la seconde douceur (notre coup de coeur commun) le Cannolo Siciliano c’est une bulle de tendresse mémorable dans le mariage d’une glace ricotta brebis, crème riccota de brebris, fruits confits (citron, orange, cedro), tuile croustillante (marsala, cacao). Mama Mia ! En quittant, les lieux on se dit que ce restaurant a brillé tout au long de ce déjeuner du vendredi avec une cuisine au sommet et des équipes porteuses d’amour, d’amitié et d’un savoir-faire faisant honneur au célèbre art de vivre italien !

Journaliste spécialisé en art contemporain, Clément Sauvoy est également commissaire d’exposition et collectionneur. Cet épicurien globe-trotter, partage régulièrement son amour des vins remarquables.
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