
De la peinture monumentale aux bas-reliefs sculptés dans la terre, Agnès Sandahl refuse les étiquettes. Installée à Vallauris dans un atelier mythique, l’artiste française façonne une œuvre viscérale, poétique et radicale. Un travail de la matière plébiscité par les collectionneurs avertis et les lieux les plus exigeants de la scène internationale.
Une immersion brute dans l’antre du four de 1850
À Vallauris, cité chargée de mémoire où Picasso, Braque et Cocteau sont venus bousculer les arts plastiques au milieu du XXe siècle, Agnès Sandahl a choisi d’implanter son sanctuaire créatif. En réhabilitant une poterie traditionnelle et son four à bois monumental construit en 1850 — dernier témoin classé au patrimoine historique de la ville —, l’artiste n’a pas seulement sauvé un outil : elle a réactivé un foyer d’énergie. Ce lieu d’exception est devenu le théâtre d’un dialogue permanent. Dans son atelier-galerie, pensé comme un espace vivant et en constante mutation, ses créations récentes côtoient les œuvres d’icônes modernes — de Jean Derval à Georges Jouve, de Roger Capron à Gilbert Portanier.
C’est au sein de cette atmosphère chargée d’histoire que naît une signature plastique hautement désirable. Ses œuvres sur mesure — fresques texturées, sculptures et pièces uniques — investissent les écrins les plus exclusifs, des résidences privées de la famille princière de Monaco aux lieux mythiques de la Côte d’Azur et de la capitale, comme Le Bristol à Paris, Le Byblos à Saint-Tropez ou Le Maybourne Riviera. Les chefs les plus influents de la haute gastronomie — Mauro Colagreco, Éric Frechon ou encore l’écosystème Joël Robuchon — font également appel à son œil de plasticienne pour concevoir des supports qui dépassent la simple fonction et deviennent de véritables prolongements artistiques de leur cuisine.
Le geste, la musique et le refus du superflu
Pour Agnès Sandahl, la démarche prime toujours sur la destination. Plasticienne multidisciplinaire, elle ne se laisse enfermer dans aucune catégorie : la peinture, la céramique, le verre, le bronze ou le travail du relief ne sont pour elle que des vecteurs destinés à capturer une émotion brute. En atelier, la création s’apparente à une performance intuitive. Souvent portée par la musique, portée par les variations de la lumière méditerranéenne, l’artiste s’engage physiquement face à la matière. Le geste est précis mais spontané, libéré de toute lourdeur académique. Ses interventions murales et ses bas-reliefs ne s’imposent jamais avec arrogance au sein d’un espace architectural : ils s’y insinuent, captent les reflets du jour et transforment l’atmosphère ambiante. Cette liberté du trait génère des œuvres à la présence magnétique, produites en pièces uniques ou en séries très restreintes. Chaque réalisation conserve la mémoire visuelle du feu, l’empreinte de la main et la tension de l’instant où l’idée a pris forme dans la terre ou sur la toile.

L’équilibre minéral d’une signature solaire
L’univers visuel d’Agnès Sandahl est indissociable des paysages du Sud. Sa palette chromatique, d’une grande retenue, va à l’essentiel : des blancs minéraux travaillés en épaisseur, des bleus profonds évoquant le large et des nuances de verts sombres et denses. Les formes, épurées jusqu’à l’abstraction, cherchent l’harmonie plutôt que le spectaculaire.
En associant la radicalité d’un geste contemporain à la rusticité ancestrale de la cuisson au feu de bois, Agnès Sandahl affirme une démarche d’artiste accomplie. Une œuvre tactile et puissante, pensée pour les esthètes en quête d’art vivant, d’authenticité et de pièces à l’âme manifeste.

Journaliste lifestyle, mode et beauté en ligne de mire, mais l’œil toujours ouvert sur ce qui vibre ailleurs. Esthète dans l’âme, passionnée par les belles rencontres, les univers singuliers et les talents qui ont du panache.
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