
Au coeur de cette quatrième adresse parisienne de l’enseigne spécialisée dans les handrolls japonais, se joue un dialogue entre gastronomie nippone, design et artisanat. EDGAR a répondu à l’invitation et partage avec vous cette aventure culinaire mémorable !
Depuis l’ouverture de leur premier comptoir à handrolls en 2022 rue de Sèvres, les équipes derrière Hando (Adrien Abou, Le Cheng, Marlon et Mendel Levi) n’ont cessé d’affuter leur offre avec des univers toujours plus grisants et envoûtants. Pour cette dernière ouverture en date (4 mai 2026), à savoir l’écrin de la rue Pierre Charron, Adrien Albou, en qualité de directeur artistique, a fait un vrai sans faute en misant sur des savoir-faire d’exception et des pointures du monde du lifestyle. A notre arrivée, on plonge dans le « scénario » excitant de la salle du restaurant imaginée par le studio Friedman&Versace qui trempe le décor avec la bibliothèque sculpturale peuplée de samouraïs de Jean-Guillaume Mathiaut. Toute aussi spectaculaire, l’immense fresque au-dessus du bar confiée à Shinsuké Kawahara mettant en relief les tribulations de son lapin Petit Usagi.
Son travail sur feuille d’argent saisissant fait écho aux magnifiques assiettes de Suzie Lapierre d’Argy du Studio Forma, aux plats du céramiste Shiro Shimizu, aux verres sympathiques de Justine Menard et aux tabourets hauts de bar habillés de kimonos chinés au Japon. Nous sommes accueillis avec soin par l’hôtesse Léa (passée par Jjin), le manager Solal (qui a sévi chez Hando Vendôme) et par la chef de rang Aurore venue de Grenoble et comédienne. On attaque en beauté un menu mis en place par Sola, en sur mesure, au comptoir. La salade Gomae d’épinards cuits nous renverse avec sa sauce cacahuètes-sésame. Le Tataki Toro prolonge cette belle entrée en matière avec cette ravissante ventrêche de thon braisé. On reste sans voix quand arrivent les sashimis de bar poutargue. Dans le verre ? Le merveilleux saké Kuheiji 50 Eau de Désir.Quel bonheur ! Pour l’étape de Nigiri, on garde le cap avec une alléchante sélection révélant une qualité de produit exceptionnelle. Dans l’ordre : Saumon Kin Zeste (zeste de citron vert), yellow tail, bar shiso, unagi (anguille dans la traduction).
La découverte de deux cocktails-signature.
Le wagyu A5 Binchotan (barbecue japonais) nous fait vivre une expérience d’élite hors norme avec ce caractère fumé fabuleux qui comble nos papilles. Pour la soif ? L’aromatique saké Zaku Gen No Tomo qui permet un accord remarquable sur les trois autres plats d’exception : toro Binchotan, Gunkan Toro Caviar et Gunkan Wagyu œuf de caille. C’est fou de tendresse et de délicatesse au palais. Le service attentionné et décontracté nous permet de maintenir quelques échanges autour de ce ballet gustatif conduit par la cheffe Chiharu (ex de chez Takara Paris). Avant de passer aux handrolls (spécialité née en Californie et à cheval entre le maki et le temaki) on nous fait une élégante surprise avec la découverte de deux cocktails-signature. Le Haru (à base de saké, pomme et fleur de Sakura) et l’immanquable Shisoni (white négroni au sisho sans sucres) qui révèle la complexité des saveurs venues du fameux black code, morue charbonnière cuite au beurre et miso.
A l’heure du dessert, trois irrésistibles douceurs nous sont suggérées par Aurore et Solal. Le baba Nikka, le Mochi Sésame noir et la glace noisette que l’on mettra à l’honneur avec le troisième et dernier saké Ozeki Negri. C’est très bien vu car les arômes légèrement sucrés bouclent et parachèvent la dégustation à son meilleur. En quittant les lieux, on se dit que cette réjouissante désirable adresse au décor onirique a comme point fort, la sincérité « au naturel » de ses équipes et une exigence qui n’est pas surjouée. On aime également cette idée de playlist Hando confiée à des artistes comme Sam Quealy, Molly Lewis ou La Femme qui bercent le client dans une atmosphère agréablement festive sans être tapageuse nous rappelant que Adrien Albou, directeur artistique de Paul&Joe est un passionné de musique derrière le label Betsu Betsu. Ce producteur et DJ éclairé a trouvé la bonne formule pour choyer sa clientèle du huitième arrondissement parisien. Un hot spot estival ouvert sept jours sur sept que l’on recommande, en particulier à tous ceux qui n’ont pas encore gouté aux addictifs cônes croustillants nés à Los Angeles !

Journaliste spécialisé en art contemporain, Clément Sauvoy est également commissaire d’exposition et collectionneur. Cet épicurien globe-trotter, partage régulièrement son amour des vins remarquables.
Contact Instagram








